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Riad Marrakech

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S’il est un lieu que j’affectionne particulièrement à Marrakech, c’est bien celui-ci.

Le Jardin andalou, avec des sculptures de Cl. et M. Thiam – photo I. Six –

Tout d’abord parce qu’il allie à merveille deux de mes passions : l’art et la nature. Ensuite parce que, encore peu fréquenté, il s’en dégage un calme et une sérénité à chacune de mes visites. Situé dans d’anciens bâtiments agricoles en pisé de l’époque du Protectorat, le Musée de la Palmeraie abrite une collection permanente dédiée à l’art contemporain du Maroc. Les oeuvres d’une cinquantaine d’artistes de plusieurs générations, de styles et de tendances diverses, figurent aux cimaises de quatre salles claires et spacieuses. Peintures, gravures, dessins, calligraphies, photographies, sculptures, installations, tous les médiums sont représentés. Le visiteur averti pourrait regretter l’absence de toiles des artistes fondateurs de la peinture au Maroc, Ahmed Cherkaoui (1934-1967) et Jilali Gharbaoui (1930-1971). Tous deux avaient participé à l’Ecole de Paris dans les années 1960 et, chacun à sa manière, avaient opéré une synthèse entre la peinture moderne et les arts traditionnels marocains.  Miloud Labied (1939-2008) ou Mohamed Kacimi (1942-2003), pour ne citer qu’eux, sont également absents de la collection. On l’aura compris, il ne s’agit pas là d’offrir un panorama de l’histoire de l’art du Maroc des années 1940 à nos jours mais d’offrir aux visiteurs un aperçu de la création contemporaine au Maroc dans un cadre idyllique conçu dans un esprit similaire à celui du Jardin Majorelle.

La comparaison avec le lieu prestigieux n’est pas innocente puisque le fondateur du Musée de la Palmeraie n’est autre qu’Abderrazzak Benchaâbane, restaurateur du Jardin Majorelle. Alors que le peintre lorrain avait fait de son jardin un véritable chef-d’oeuvre en y introduisant de la couleur et son fameux inimitable bleu outremer, ici la sobriété est de mise.

Les bâtiments de terre s’intègre parfaitement au concept de la palmeraie. Chaque tableau est mis en valeur par la blancheur des murs intérieurs et s’apprécie individuellement. Un accrochage simple et logique par regroupement rend une lecture évidente et directe.

La « Salle du dôme » rassemble des oeuvres d’artistes connus tels que Farid Belkahia, Mohamed Melehi, Hassan El Glaoui ou Mahi Binebine. Les deux salles annexes proposent d’une part en bel ensemble de photographies de Nourredine Tilsaghani, Saâd Tazi, Abderrazzak Benchaâbane, Hassan Nadim, Karim Bennani et Jamal Hamami et d’autre part des oeuvres calligraphiques de Larbi Cherkaoui, Noureddine Daïfallah, Mohamed Boustane, Noureddine Chater… Quelques coups de coeur pour les peintures au henné sur peaux de Farid Belkahia, pour les acryliques sur toiles aux vagues ondoyantes de Mohamed Melehi, pour une forme lettrale de Larbi Cherkaoui, pour les calligraphies de Mohamed Boustane et pour les personnages étranges de Mahi Binebine.

La pièce d’eau et le kiosque en pisé – photo R. Six –

Lorsque l’on sort du premier bâtiment d’exposition, un magnifique jardin andalou s’offre à nous. Un bassin allongé bordé d’orangers et de roseraies mène à une pièce d’eau de part et d’autre de laquelle ont été aménagés des coins de repos, à l’ombre des palmiers. Une tonnelle andalouse et un kiosque en pisé accueillent le promeneur. C’est là que l’on mesure toute la fraîcheur et la quiétude du lieu. De curieuses sculptures zoomorphes métalliques voisinent les bambous et les papyrus, alors que les libellules taquinent les petites tortues d’eau. Les grenouilles rivalisent avec les bulbuls pour un concert improvisé de coassements et de sifflements stridents.

Fleur de cactus – photo R. Six –

La « Salle aux arcs », toute en longueur, est consacrée à quelques artistes de renom et suit leur évolution picturale depuis les années 1970. Elle nous conduit cette fois vers un autre type de jardin, fait de cactées de toutes sortes. 

Leurs formes alambiquées font parfois hésiter.

S’agit-il là de la réalisation d’un sculpteur ou d’une création de la nature ?

Salah Benjkan – photo I. Six –

La dernière salle, appelée « Salle d’actualités », offre ses cimaises à des artistes de la jeune génération.

Le Musée de la Palmeraie se veut un lieu ouvert sur son environnement immédiat. Un bel espace aéré est réservé aux enfants des douars voisins pour y bénéficier d’ateliers en art plastique et de protection de l’environnement. Des artistes en résidence et une équipe pédagogique assurent l’animation de ces ateliers.

Véritable lieu de culture, d’art et de médiation, ce nouveau musée ouvert depuis mai 2011 mérite à plus d’un titre le déplacement.

Isabelle.

A 10 minutes en voiture du Riad Dar Zampa, sur la route de Fès.

En face du magasin METRO.

Musée de la Palmeraie, Dar Tousi.

T +212 524 378 373

e-mail : museepalmeraie@gmail.com

www.museepalmeraie.com

– photo I. Six –

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